UNE SÉRIE TV PEUT- ELLE AIDER UNE NATION À RETROUVER SES VALEURS?
26 mai 2019
Comment devenir un leader au travail, même lorsque vous n’êtes pas le patron
29 juin 2019

FACE A 2 MONTAGNES, COMMENT SAVOIR QUEL SOMMET ESCALADER?

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Aujourd’hui en Tunisie nous nous malmenons sempiternellement sans gêne et sans aucun ménagement. L’idée même de la nation, les principes d’existence qui les constituent, les liens qui les enchaînent se sont enfuis. Nous voilà devenus un pays composé d’individualistes et non d’un ensemble de citoyens conscients de son unité et opiniâtre d’une vision commune. Notre confiance envers l’autre s’est ébranlée, notre capacité à œuvrer conjointement s’est affaibli.
L’exploit de 60 ans de culture hyper individualiste étant d’affadir les liens entre les citoyens tunisiens et d’amollir leurs défis.

Nous grandissons avec la foi que la vie et la quête du bonheur suivent un chemin linéaire: études, emploi, mariage, carrière, acquisition de biens matériels.

Notre carrière ne correspond généralement pas à nos choix, mais à un système éducatif désuet, dicté par un contrat social, conçu et destiné à maintenir la paix sociale et un statu quo. Le but de chacun de nous étant de marquer les esprits, de réussir, d’acheter une voiture, une maison et de s’engager dans une quête infinie du bonheur.

Presque tous les personnages dans « El Maestro » ont suivi le même parcours, celui d’une montagne à deux sommets adjacents séparés par une vaste vallée.

En haut du premier sommet, il y’a ceux qui gaspillent leurs énergies à s’inquiéter de ce que les autres pensent d’eux pour se conformer à la société, ils veillent à nourrir leurs egos démesurés. Pour eux, le succès et le bonheur sont quantitatifs.

Le deuxième sommet constitue une minorité, ou la linéarité planifiée et la normalité disparaissent : le fait de vivre pour faire plaisir aux autres, pour assouvir ses besoins individuels, une image des valeurs de la méritocratie semble ici, être exposés à une vie assez aléatoire et dépourvue de tout son sens.

Leurs objectifs furent atteints mais étant toujours insatisfaits, ils aspirent à un objectif meilleur qui incarne plus la vie qu’ils ont mené. Certains d’entre eux ont échoué: perdu un emploi, un être cher, enduré une ignominie. Leurs échecs ont engendré la perte de leurs anciennes identités et soudain, se sont retrouvés menacés.
Les victoires du premier pic apparaissent insignifiantes face à leurs ruines, jetées dans la vallée, dans un « no man ’ s land », entre les deux sommets des montagnes.

Ils n’appartenaient plus à rien, sans statut ni valeur. Ils furent à la dérive.
Sur la base de cette société d’étiquetage et de cette culture de stigmatisation, la plupart ne s’en remettent plus jamais.

Ceux qui s’en remettent, perçoivent ces échecs comme un nouveau départ, réaliseront qu’ils ne sont pas ceux qu’ils croyaient être, qu’ils ont eu la chance de marcher vers la lumière, entourés par les bonnes personnes, ils redeviennent encore plus forts parce qu’ils n’ont pas suivi les sentiers battus pour atteindre la vallée de la vie, ils réapprennent à marcher avec les bonnes perspectives et des visions claires.

Alors, comment transformer une vie axée sur les mauvaises valeurs à une autre axée sur les bonnes?

Il faudra passer par une période de solitude, le désert de la pensée, où réflexion et méditation seront nécessaires pour faire taire la petite voix de l’ego et pour pouvoir donner et recevoir librement.

Dans la solitude, le désir d’estime de soi disparaît et de plus grands désirs redeviennent visibles: ceux d’aimer et de servir. Nous en ressortirons plus sensibles aux souffrances et aux joies de ceux qui nous entourent.

C’est à ce moment-là que nous réaliserons que nous sommes au deuxième pic de la montagne.
A ce stade, certains se métamorphosent : se consacrent à une cause sociale, aux enfants nécessiteux, aux malades, aux pauvres, à la lutte contre telle ou telle peine.

 Les adeptes du second pic nous mènent vers une culture qui place le relationnel au centre de toute préoccupation. Ils nous suggèrent de mesurer nos vies par la qualité de nos attachements, de savoir que la vie est un effort qualitatif et non quantifiable. Ils nous poussent à scruter les autres en profondeur, et non en stéréotype, d’avoir le courage de gérer avec vulnérabilité.

Ils nous enseignent une nouvelle forme de sensibilité : Une évolution culturelle qui se produit lorsqu’un petit groupe l’initie et la transmet et d’autres l’adoptent. De cette révolution de valeurs morales surgit un nouveau concept; la quête du bonheur (premier pic), et pour le deuxième : le bonheur fût une récompense. Quelle est la différence?

Le bonheur implique de courtes victoires pour soi-même. La joie implique aussi la transcendance de soi. Lorsque nous sommes sur le deuxième pic, nous réalisons que nos buts sont insipides. Nous nous disputons pour voir un rai de lumière, alors que si nous changions notre état d’esprit, nous pourrons tous nous enivrer d’un soleil radieux.


  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Français


Chaîne YouTube 4dlh

Chaîne YouTube 4dlh